Eaux potables

Dans quel contexte ?

Selon le code de la santé publique (article R 1321-23), « toute personne responsable de la […] distribution d’eau est tenue de surveiller la qualité des eaux délivrées ».

Les eaux destinées à la consommation humaine comprennent :

  • les eaux fournies par un réseau de distribution public ou privée offrant de l’eau au public,
  • les eaux de source et eaux rendues potables par traitement conditionnées,
  • les eaux utilisées dans une entreprise alimentaire,
  • les eaux servant à la fabrication de glace alimentaire…

Le contrôle de ces eaux est très rigoureux. Le laboratoire est l’un des garants de la qualité de l’eau distribuée chaque jour aux Val-de-Marnais.

Pour qui ?

Le prélèvement et l’analyse des eaux potables concernent :

  • les acteurs publics : crèches, écoles, hôpitaux, foyers, établissements sportifs,
  • les entreprises,
  • les particuliers.

Critères analysés ?

Les paramètres à analyser et la fréquence des contrôles sont définis en fonction des caractéristiques spécifiques du réseau.

Paramètres microbiologiques de base :

  • Coliformes totaux,
  • Escherichia coli,
  • Entérocoques intestinaux,
  • Microorganismes aérobies revivifiables à 22°C,
  • Microorganismes aérobies revivifiables à 36°C,
  • Pseudomas aeruginosa,
  • Spores de micro-organismes anaérobies sulfito réducteurs.

Paramètres physico-chimiques de base :

  • Aspect, couleur, odeur et saveur,
  • Ammonium,
  • Chlorures,
  • Conductivité à 25°C,
  • Carbone organique total (COT),
  • pH,
  • Température,
  • Turbidité,
  • Aluminium,
  • Cuivre,
  • Fer,
  • Manganèse,
  • Nickel,
  • Plomb.

Délai d’analyse ?

Le laboratoire effectue les prélèvements du lundi au jeudi. En cas d’urgence, des interventions peuvent être envisagées le week-end.

Dès leur arrivé au laboratoire, les échantillons sont traités sans délai.

Le rendu des résultats varie en fonction des caractéristiques de l’analyse ou du germe recherché.

  • Analyse microbiologique : de 48 à 72 heures.
  • Analyse physico-chimique : de quelques heures à 5 jours, suivant le(s) paramètre(s) analysé(s).
  • Analyse de légionelles : 10 jours selon la norme en vigueur.

Des rapports d’analyse partiels peuvent être envoyés à la demande du client si l’ensemble des analyses n’est pas terminé.

Normes en vigueur

Selon la réglementation en vigueur, les eaux destinées à la consommation humaine ne doivent pas contenir une concentration de micro-organismes, de parasites ou de toute autre substance constituant un risque sanitaire. Elles doivent donc être conformes aux normes et références de qualité à leur sortie du robinet.

C’est le maire de la commune (ou le président de communauté de communes ou d’agglomération) qui est responsable de la qualité des eaux de distribution.

L’eau du robinet subit de nombreux contrôles qui garantissent sa qualité. La fréquence et la nature des contrôles dépendent de la spécificité du réseau par lequel elle passe et des risques identifiés. Le contrôle sanitaire est effectué par l’Agence régionale de la santé (ARS).

Eau de Paris, le Syndicat des Eaux d’Île-de-France (SEDIF), le service municipal des eaux de Saint-Maur-des-Fossés, la Société française de distribution d’eau (SFDE), la société Veolia Eau d’Île-de-France, et la Lyonnaise des eaux France exercent également une surveillance constante de l’eau en Val-de-Marne.

Norme de qualité pour l’eau potable

Le contrôle sanitaire des eaux destinées à la consommation humaine fait référence :

  • aux articles R. 1321-15 à R. 1321-22 du code de la santé publique (CSP) ;
  • à l’arrêté du 21 janvier 2010 modifiant l’arrêté du 11 janvier 2007 relatif au programme de prélèvements et d’analyses du contrôle sanitaire pour les eaux fournies par un réseau de distribution, pris en application des articles R. 1321-10, R. 1321-15 et R. 1321-16 du CSP ;
  • à l’arrêté du 11 janvier 2007 relatif au programme de prélèvements et d’analyses du contrôle sanitaire pour les eaux utilisées dans une entreprise alimentaire ne provenant pas d’une distribution publique, pris en application des articles R. 1321-10, R. 1321-15 et R. 1321-16 du CSP.

Risques sanitaires

Les deux risques les plus couramment encourus sont les suivants :

  • la contamination bactériologique (Escherichia coli notamment)
  • l’intoxication par l’eau chargée en plomb. L’eau est contamibnée par les canalisations en plomb.

Cependant, les risques sanitaires liés aux eaux de distribution sont limités, compte tenu de la qualité des systèmes de traitement et de potabilisation.

Présence de nitrates

Les nitrates sont présents à l’état naturel dans le sol. Solubles dans l’eau, ils se retrouvent dans les eaux de surface et les eaux souterraines. Les activités agricoles (engrais, épandages) amplifient considérablement ce phénomène naturel et contribuent fortement à la contamination des eaux par les nitrates.

Quel sont les dangers liés à de trop fortes concentrations en nitrates ?

À l’état naturel, les nitrates ne présentent pas de danger. Cependant, leur transformation en nitrites dans l’appareil digestif constitue un danger. Les nitrites peuvent transformer l’hémoglobine en méthémoglobine et empêcher le transport de l’oxygène vers les cellules, notamment vers celles du cerveau. Les nourrissons sont plus particulièrement exposés à cette pathologie. Les nitrites sont également soupçonnés d’être à l’origine de cancers des voies digestives.

La norme de potabilité fixe la concentration en nitrates à 50mg/l. Le consommateur doit être informé par les autorités sanitaires en cas de dépassement de cette norme.

Au-delà de 100mg/L l’eau est impropre à la consommation.

Présence de produits phytosanitaires (pesticides)

Depuis près de 20 ans, le Département du Val de Marne suit la contamination des eaux de surfaces par les pesticides (herbicides, insecticides, fongicides). Cette contamination a pour origine le traitement des cultures, l’entretien des voiries et des espaces verts, le traitement des voies ferrées, ainsi que l’entretien des jardins particuliers.

Ces différents produits contaminent par ruissellement et infiltration les eaux de surface et les eaux souterraines.

La France est le deuxième consommateur mondial de pesticides. Les conséquences de l’action de ces produits sur l’environnement et sur la santé sont devenues un enjeu national important.

Le Département a décidé de réduire considérablement l’emploi de pesticides dans les parcs départementaux et les voiries.

Présence de germes (bactéries) et chloration

Les eaux de distribution doivent être totalement exemptes de bactéries. Afin de garantir cette absence de germes, la plupart des eaux potables subissent un traitement avant distribution. Celui-ci permet de détruire les bactéries éventuellement présentes et d’éviter une re-contamination dans les circuits de distribution.

Les traitements

La chloration (ajout de chlore) est actuellement le procédé le plus couramment utilisé. D’autres techniques existent, notamment la filtration sur membranes.

Présence de calcaire

Le calcaire se rencontre sous forme de carbonate de calcium ou de carbonate de magnésium. Il est naturellement présent dans l’eau. Sa concentration varie suivant la nature géologique des sols traversés. Les eaux traversant des sols calcaires seront plus concentrées que celles traversant des sols granitiques.

Lorsqu’on analyse la concentration en calcaire de l’eau, on parle de « dureté » ou de « titre hydrotimétrique T.H. ».

Cette dureté se mesure en « degré français » (symbole °f ou °fH) : 1 degré français correspond à 4mg de calcium ou 2,4mg de magnésium par litre d’eau.

À ne pas confondre avec le degré Fahrenheit (°F).

On distingue :

  • Les eaux très douces: T.H. de 0 à 7 °f
  • Les eaux douces : T.H. de 7 à 15 °f
  • Les eaux moyennement dures: T.H. de 15 à 25 °f
  • Les eaux dures : T.H. de 25 à 42 °f
  • Les eaux très dures : T.H. supérieur à 42 °f

La présence de calcaire dans l’eau ne constitue pas un danger pour la santé. Cependant les eaux dures à très dures peuvent provoquer l’entartrage des tuyauteries ou des appareils électroménagers. À l’opposé, des eaux très douces peuvent se révéler corrosives pour les canalisations et dissoudre des métaux lourds (plomb) dans les anciennes canalisations non remises aux normes.

Les traitements

Les appareils électroménagers prennent en compte la dureté de l’eau et certains produits suppriment ou limitent les désagréments liés à la présence du calcaire. Par ailleurs, il existe des adoucisseurs d’eau que l’on peut installer sur son réseau d’eau potable, sans oublier d’en assurer la maintenance.

Présence de plomb

Les métaux lourds (cadmium, chrome, plomb etc.) sont néfastes pour la santé, même à de faibles concentrations. La présence de plomb dans les eaux de distribution liée aux canalisations revêt un caractère particulier. La réglementation actuelle oblige les distributeurs et les propriétaires à supprimer les canalisations en plomb et à les remplacer.

Le plomb est à l’origine de diverses maladies comme le saturnisme, l’hypofertilité, l’atteinte du système cérébral, etc.
Le code de la santé publique fixe la teneur maximale en plomb dans l’eau potable à 10 micro grammes par litre (µg/L).

Les traitements

Le seul traitement actuel consiste à remplacer l’ensemble des canalisations en plomb publiques et privées par d’autres matériaux. Précisons que désormais la vente d’un bien immobilier est pénalisée par la présence de canalisations en plomb chez un particulier.

Pour limiter les risques :

  • En début de journée, ne buvez pas la première eau tirée au robinet, elle a stagné toute la nuit dans les conduites en plomb.
  • Attendez que l’eau soit plus fraîche, signe que les conduites sont purgées.
  • Dans un immeuble, tirez l’eau de préférence aux heures de pointe, au moment de forte consommation, elle n’a pas le temps de stagner.
  • N’utilisez pas d’eau chaude pour les besoins alimentaires. Une température élevée accentue la dissolution du plomb et donc le relargage au robinet.
  • Dans votre cuisine, laissez couler l’eau du robinet pendant quelques minutes en rentrant de week-end ou de vacances.

Connaître la qualité de votre eau

La loi sur l’eau du 3 janvier 1992 exige que les résultats des analyses de l’eau du réseau public soient affichés en mairie. L’ensemble de ces résultats doit vous être communiqué. Votre distributeur d’eau peut également vous renseigner. Vérifiez ses coordonnées sur votre facture d’eau.

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